Troisième journée à l’AfPIF : participation record des femmes

Cette année, le forum africain sur le peering et l’interconnexion (AfPIF 2019) a connu une participation féminine record. En effet, 97 femmes ont pris part aux travaux. Il s’agit du chiffre le plus élevé jamais enregistré. Celui-ci est le fruit des efforts déployés par les organisateurs et les sponsors pour promouvoir la diversité.

Des bourses ont été octroyées au cours des trois dernières éditions,
ciblant principalement les femmes ingénieures et allouées par des organisations telles que Workonline,
Google, LINX, et Akamai. Toujours dans le cadre de l’AfPIF, les participants ont discuté
de la question d’une plus grande inclusion des femmes lors d’un déjeuner de travail.

Au moment où le rideau se baisse sur la dixième édition de
l’AfPIF, l’avenir semble prometteur lorsqu’on considère l’effectif des participants : 367 hommes et femmes
provenant de 59 pays, dont 202 d’Afrique, 36 d’Europe , 16 d’Amérique et 13
d’Asie.

La première séance de la journée était consacrée
à la revue des challenges des dix dernières années, l’identification des opportunités
de progrès et la revue des actions que nous devons tous prendre pour garantir la croissance de notre activité
et une meilleure connectivité dans la région.

L’un des points relevés est la mutation actuelle du traditionnel modèle
des télécommunications et la nécessité pour les entreprises de s’arrimer à cette nouvelle donne pour rester
pertinentes. Seacom, par exemple, explore d’autres opportunités commerciales,
compte tenu de la chute de la demande en infrastructures traditionnelles et du développement du contenu local. Cette situation a entrainé
l’émergence de FAI capables de survivre en grande partie sans recourir au transit IP.

« L’idée qui voudrait que tout le monde ait besoin du transit
à Londres ne tient plus. En Afrique du Sud, il est maintenant possible pour un FAI local
de survivre en se focalisant sur 90 % du trafic local, ce qui signifie que les FAI n’ont peut-être plus besoin de transit IP,
comparé à d’autres parties du continent. Cela rend les ventes plus difficiles en Afrique
du Sud, mais des opportunités de croissance sont présentes dans des pays qui ne sont pas encore
ouverts », a déclaré Mark Tinka, responsable de l’ingénierie IP chez Seacom.

Le panel a bien précisé que
l’écosystème est constitué de relations complexes et que la collaboration de toutes le parties
est nécessaire à son développement. Il existe une corrélation directe entre la croissance du contenu
et la croissance de l’espace des centres de données. Dans d’autres parties du monde, il est plus facile d’effectuer des projections,
tandis qu’en Afrique il est beaucoup plus difficile de prédire la croissance.

Au départ, pour Teraco, le but était d’avoir
plus d’espace, d’expliquer aux gens les avantages de la colocalisation et d’avoir plus
de connexions. La virtualisation signifie que l’on peut faire plus avec des espaces plus réduits.
Le défi désormais est de continuer à innover et d’évoluer. En effet, de plus en plus de sociétés
envisagent d’acquérir des ports 10G, ce qui était inouï il y a 10 ans.

Il y a dix ans, le défi d’Akamai était de savoir comment
pénétrer plus de marchés, établir des relations et résoudre les problèmes réglementaires complexes
que l’on rencontre dans différents pays. Aujourd’hui, le Réseau de distribution du contenu (CDN) figure parmi les principaux fournisseurs de services dans 26
pays, s’appuyant sur les leçons apprises pour pénétrer sur plus
de marchés.

Pour Google, le défi demeure l’accès.
Comment rendre la connectivité accessible à un plus grand nombre de personnes ? Les smartphones sont
désormais abordables. mais le prix de la bande passante doit être plus accessible si l’on souhaite qu’elle soit
utilisée par un plus grand nombre de personnes. Le coût d’acquisition de l’équipement du dernier kilomètre doit être plus abordable pour
permettre aux réseaux d’offrir à leur tour une connectivité plus abordable, que ce soit par
réseau radio ou fibre.

La question des autorisations d’exploitation à soumettre aux autorités nationales, locales ou en charge de l’aviation, reste un problème majeur pour de nombreuses entreprises. Que ce soit à propos du coût ou du temps nécessaire à l’obtention de l’autorisation, il était clair qu’un dialogue plus approfondi est nécessaire pour rendre le processus plus fluide.

La session de l’après-midi a porté sur la sécurité liée au routage, qui est désormais la priorité absolue, en raison du nombre élevé d’incidents de sécurité liés au routage. Récemment, un certain nombre d’incidents de sécurité liés au routage ont provoqué une panne mondiale qui a affecté les grands fournisseurs de contenu tels que Cloudflare. L’un des incidents de sécurité le plus répandu, lié au routage, est le détournement de préfixe. Cet incident se produit lorsqu’un réseau diffuse ou annonce, accidentellement ou non, des informations de routage d’adresse IP (Internet Protocol) appartenant à un autre réseau. Les utilisateurs Internet qui essaient de se connecter au réseau d’origine possédant les adresses IP sont redirigés vers un autre réseau (le mauvais).

Les panélistes des séances axées sur la sécurité ont présenté divers techniques et outils que les FAI et les IXP peuvent mettre en œuvre pour réduire les conséquences liées aux incidents de détournement d’adresses IP. Les réseaux ont été invités à mettre en œuvre la RPKI pour renforcer l’intégrité du système mondial d’informations sur les adresses de routage. La RPKI permet aux réseaux de valider la source des informations de routage provenant d’autres réseaux. La validation permet de s’assurer que les sources non valides sont correctement signalées et qu’elles ne sont pas propagées à d’autres réseaux au niveau mondial. Cloudflare a montré comment un incident de détournement de route récent, qui touchait de nombreux réseaux du monde entier à l’accès à leurs services, n’ a pas affecté les réseaux qui avaient implémenté la RPKI.

Les réseaux ont également été encouragés à se joindre à l’initiative MANRS (Normes sur la sécurité du routage convenues d’un commun accord) et à mettre en œuvre ses actions afin d’atténuer la récurrence d’incidents de sécurité liés au routage de ce type à l’avenir.

L’édition 2020 de l’AfPIF se tiendra à Kigali, au Rwanda.

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